23 ans de terrain, un collège dans l’académie de Lille, et une chaîne qui amuse tout en faisant réfléchir. Yoann, alias « Prof de ballons » sur les réseaux, est enseignant d’EPS, entraîneur de natation et créateur de contenus sur TikTok, Instagram et YouTube. Il rejoint aujourd’hui la communauté Moov’EPS avec une conviction simple : l’EPS est un enjeu de santé publique qu’on ne prend pas assez au sérieux.
Yoann, peux-tu te présenter ?
Je suis prof d’EPS en collège dans l’académie de Lille. J’interviens sur tous les niveaux, de la 6e à la 3e, y compris en Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté). À côté de ça, je suis entraîneur de natation au club Weppes Natation, et je crée des contenus sur les réseaux sociaux (TikTok, Instagram, YouTube), sous le pseudo « Prof de ballons ».
Comment es-tu devenu professeur d’EPS ?
D’abord, par passion du sport. Dans ma scolarité, j’ai toujours eu un bon rapport avec cette discipline et avec mes professeurs d’EPS. Peut-être que, quelque part, je leur dois ce que je suis devenu ! Le sport a toujours occupé une grande place dans ma vie, à tous les âges : enfant, étudiant, adulte. Pour le plaisir, pour performer, pour me dépasser… Le sport m’apporte un réel équilibre.
Pourquoi t’es-tu lancé dans la création de contenus ?
Ça a commencé au moment du confinement, pour maintenir la continuité pédagogique avec mes élèves. Et puis je me suis pris au jeu, et mon contenu est devenu second degré, humoristique. Aujourd’hui, mon objectif c’est de créer des vidéos divertissantes, pour faire passer un bon moment à ceux qui les regardent, s’ils ne sont pas trop « premier degré » ! Sur Moov’EPS, je prends une direction plus sérieuse, avec du contenu pratique qui peut répondre à des problématiques de terrain.
Quels types de retours reçois-tu ?
Comme je joue le personnage parodique d’un prof d’EPS, certaines personnes vont en rire, d’autres ne vont pas apprécier car elles estimeront que je « dénigre » leur discipline. J’ai des retours positifs, mais aussi des commentaires moins « plaisants ».
Quelle est ta vision de l’EPS aujourd’hui ?
Les gens ont tendance à confondre sport et EPS. La dimension « performance » du sport n’est pas la plus importante en EPS, les programmes officiels le disent clairement. Le but, c’est de proposer un traitement des APSA accessible à tous, sportifs comme sédentaires, pour donner le goût de la pratique. Et au-delà de ça, l’EPS c’est l’occasion de se défouler, de se mesurer à l’autre, de se mettre en projet, de travailler en équipe, de vivre des expériences variées, de prendre des habitudes liées à l’activité physique.
Est-ce que tu penses que l’EPS est suffisamment reconnue ?
Non. L’EPS n’est pas considérée comme une matière importante, alors que dans notre société, avec l’augmentation de la sédentarité et la baisse de la condition physique des jeunes, elle représente un enjeu de santé majeur. L’espérance de vie s’allonge, mais encore faut-il vieillir en bonne santé.
Y a-t-il une activité ou un format que tu aimes particulièrement proposer à tes élèves ?
Il y a une activité que j’aime beaucoup proposer dans mon collège et que j’organise chaque année : ce n’est pas un sport à proprement parler, mais un événement sportif et festif, « la course contre le soleil ». Il s’agit de courir en relais, du lever jusqu’au coucher du soleil. Ça mobilise les élèves et les collègues. C’est un moment de partage aussi.
Tu as une discipline de prédilection à enseigner ?
Je n’ai pas réellement de préférences. Ce qui me motive, c’est l’implication des élèves dans l’activité proposée.
Et toi, personnellement, quel sportif es-tu ?
Je pratique beaucoup la course à pied, j’ai couru plusieurs marathons. Pour moi, c’est sans doute l’épreuve sportive qui caractérise le mieux cette notion de dépassement de soi à laquelle je tiens tant.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre Moov’EPS ?
Créer une communauté autour de l’EPS me semble enrichissant. Je vais avoir l’occasion de partager, mais aussi d’apprendre de mes confrères. Ce qui m’intéresse, ce sont surtout les aspects pratiques du métier, des petites « recettes » qui fonctionnent sur le terrain. J’espère aussi que ma propre expérience pourra profiter aux autres.
As-tu un souvenir marquant dans ta carrière ?
Ce qui me marque toujours beaucoup, c’est quand d’anciens élèves reprennent contact pour avoir de mes nouvelles.




