Le parkour en EPS : CA2 ou CA3 ?

Honeïn – Professeur d’EPS dans le 93

Quand on prépare un cycle de parkour en EPS, une question se pose : faut-il rattacher cette APSA au CA2 ou au CA3 ? La réponse : ça dépend ! Le parkour fait travailler le déplacement, le franchissement, la maîtrise corporelle et la gestion de l’engagement, mais aussi l’enchaînement et la créativité. Il peut donc relever de l’un ou l’autre champ, selon ce que vous cherchez à faire apprendre à vos élèves et les situations que vous leur proposez.

Honeïn enseigne le parkour en EPS. Il nous propose deux situations concrètes pour distinguer les deux logiques, les critères d’observation associés à chacune, et des conseils pour choisir le bon champ pour votre cycle.

Deux approches pour le Parkour en EPS

Prenons un espace aménagé avec des bancs, des tapis, des caissons et quelques obstacles.

Dans une première situation, les élèves doivent trouver comment franchir le parcours en s’adaptant aux obstacles, puis ajuster leurs choix quand les contraintes changent. Le cœur du travail est le déplacement : observer, choisir, s’adapter, gérer son engagement. C’est une logique de CA2.

Dans une seconde situation, les mêmes élèves utilisent ces mêmes éléments pour construire un enchaînement qu’ils présenteront au groupe. Le cœur du travail est la prestation : choisir, combiner, soigner les transitions, organiser l’espace et stabiliser la réalisation. C’est une logique de CA3.

Le matériel et les mouvements peuvent être identiques, mais ce qui change, c’est ce qu’on cherche à faire apprendre.

Le parkour en CA2 : observer, choisir, s'adapter

Le CA2 prend tout son sens lorsque l’objectif est d’adapter son déplacement à un environnement contraint. L’enchainement d’obstacles devient un problème à résoudre : l’élève prélève des informations, choisit une solution adaptée à ses ressources et la modifie quand la situation évolue. Les techniques de parkour sont alors des moyens au service du déplacement.

On peut proposer plusieurs façons de franchir un même obstacle et demander aux élèves de comparer leurs choix, ou modifier progressivement un parcours connu : changer une distance, déplacer un obstacle, supprimer un passage. L’élève ne cherche pas à « réussir une technique » : il doit comprendre quelle réponse convient à la situation.

On observera alors la pertinence des choix, l’adaptation aux contraintes, la continuité du déplacement, la maîtrise des franchissements et des réceptions, la gestion de l’engagement et la sécurité.

Le parkour en CA3 : maîtriser, combiner, présenter

En CA3, les mouvements et les obstacles deviennent des ressources au service d’une prestation. L’élève doit maîtriser plusieurs éléments, mais surtout les combiner et les organiser.

On peut par exemple lui demander de créer un « run » de 30 secondes : il choisit les éléments qu’il maîtrise, organise leur succession, travaille les transitions et stabilise son enchaînement avant de le présenter. Pour lui, la question n’est plus seulement « Comment franchir cet obstacle ? », mais aussi « Comment organiser ces éléments pour créer une prestation cohérente ? »

On observera alors la maîtrise des éléments, la qualité des transitions, la continuité de l’enchaînement, les choix de composition, la stabilité de la prestation et la capacité à se présenter devant les autres.

Partir du cycle, pas du CA

Si on hésite entre CA2 et CA3, mieux vaut ne pas commencer par se dire « cycle de parkour, donc CA2 », puis chercher des exercices qui collent. Pour ma part, je recommande plutôt de faire l’inverse : définir ce que les élèves doivent apprendre, construire les situations qui permettent ces apprentissages, puis regarder quel champ correspond le mieux. On évite ainsi un cycle annoncé en CA2 dont l’évaluation porte en réalité sur la composition et la présentation d’un enchaînement.

Rien n’interdit non plus de combiner les deux : une première phase de CA2 pour construire un répertoire et apprendre à s’adapter, puis une seconde en CA3 pour composer et présenter. L’essentiel est que l’évaluation reste cohérente avec le champ choisi.

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