Enseignant d’EPS depuis trois ans, Honeïn s’est rapidement imposé comme une voix familière dans la communauté des profs de sport sur Instagram et TikTok. Sur les réseaux, sous le pseudo « Le Jeune Prof », il partage avec authenticité la réalité du terrain : celle des établissements difficiles, des galères du quotidien, mais aussi des fous rires et des petites victoires. Passionné de transmission autant que de sport, il rejoint aujourd’hui la communauté Moov’EPS pour continuer à partager, accompagner et inspirer.
Qui est Le Jeune Prof ?
Je m’appelle Honeïn, alias « Le jeune prof » sur les réseaux. J’ai 25 ans, je suis enseignant d’EPS dans le 93 (Seine-Saint-Denis). J’enseigne depuis maintenant 3 ans.
Dans quel contexte enseignes-tu ?
Je suis TZR, c’est-à-dire Titulaire sur Zone de Remplacement, ce qui m’a amené à travailler dans plusieurs établissements différents depuis le début de ma carrière.
J’ai énormément exercé dans des contextes difficiles, en REP et REP+.
En ce moment je suis en collège REP+.
Pourquoi avoir choisi de devenir prof d'EPS ? Et quelle place le sport occupe-t-il dans ton parcours personnel ?
J’ai choisi de devenir prof d’EPS parce que je suis un passionné de sport, mais aussi un passionné de transmission. L’enseignement, c’est une façon d’allier ces deux passions et ça, c’est une chance. Depuis tout petit, le sport a toujours fait partie de ma vie. J’ai pratiqué beaucoup de football, pas mal de course à pied, un peu de taekwondo, un peu de tennis de table… Le sport a toujours eu une place très importante dans mon parcours personnel, et il l’a encore aujourd’hui.
Pourquoi avoir commencé à créer du contenu, et à qui l'adresses-tu sur les réseaux ?
J’ai commencé à créer du contenu tout simplement pour transmettre ma passion. Je voulais partager mon métier de prof d’EPS, mais aussi aider les étudiants qui veulent le devenir, parce que les études pour y arriver sont vraiment difficiles, et on se sent parfois seul face à ça. Je partage principalement des contenus autour du concours et des études, mais aussi des petites astuces pour les collègues, qu’ils soient profs d’EPS ou qu’ils enseignent d’autres disciplines.
Mes contenus s’adressent donc principalement aux étudiants qui veulent devenir professeurs d’EPS, aux enseignants en poste, mais aussi aux élèves.
Quels retours t’envoient-ils ?
Les retours sont vraiment très positifs. Des collègues me contactent, mais surtout des étudiants qui me disent qu’ils se sentent aidés et accompagnés. J’ai également beaucoup de retours d’élèves qui me témoignent beaucoup d’affection et de gratitude. Ça, c’est quelque chose qui me touche vraiment.
Quelle est ta vision du métier et de l'EPS aujourd'hui ?
C’est d’abord un métier passion. Un métier où l’on doit être très pédagogue et patient. Dans ce métier, sans patience, on peut vite craquer. C’est aussi un métier de l’humain : on est en permanence en contact avec des élèves, il y a toute une gestion émotionnelle à avoir, la sienne propre, mais aussi celle des élèves.
Pour moi, l’EPS a une place prépondérante dans l’enseignement, mais elle devrait même avoir une place encore plus grande. Parce qu’elle permet à l’élève de se construire dans sa totalité, sous tous ses angles : au-delà de la pratique sportive, l’EPS familiarise les élèves avec les règles et relations sociales. Elle donne aussi des méthodes pour apprendre, pour s’organiser, pour monter des projets. C’est ce qui en fait une discipline à part entière, et pas une discipline à part.
Quelles sont les problématiques que tu rencontres le plus souvent, et comment tu les gères ?
Les plus grosses difficultés viennent souvent des mésententes entre les élèves. C’est ce qu’il y a de plus compliqué à gérer au quotidien. C’est le propre des métiers de l’humain ! Il faut gérer des élèves qui arrivent en cours avec leurs relations, leurs émotions… Et l’adolescence, c’est une période vraiment difficile. J’essaie le plus souvent de régler les conflits le plus tôt possible, d’échanger avec eux, de parler, de discuter, de les comprendre. Le dialogue, c’est souvent la meilleure des solutions.
Y a-t-il une activité que tu aimes particulièrement enseigner ?
J’aime beaucoup le badminton. C’est une activité où l’on voit les élèves progresser réellement du début à la fin de la séquence, ce qui est très satisfaisant, pour eux comme pour le professeur. Elle permet vraiment de mettre l’élève en situation de réussite. C’est aussi une activité que la plupart des collégiens aiment, ou en tout cas à laquelle ils adhèrent très vite. Elle est donc plutôt simple à enseigner, même si elle n’est pas toujours évidente à différencier.
Pourquoi avoir rejoint le projet Moov'EPS, et que voudrais-tu y apporter ?
J’ai rejoint Moov’EPS parce que c’est un projet qui permet de partager des choses avec des collègues et confrères, et il existe vraiment très peu de plateformes où l’on peut faire ça : partager des ressources, s’entraider, découvrir le métier ensemble. J’aimerais apporter mon point de vue sur le métier, une bonne énergie, et partager des petits conseils aux collègues et à ceux qui voudraient devenir prof d’EPS.
Les sujets qui me tiennent à cœur sont notamment ceux qui parlent de la réalité du terrain : les petites astuces, les contraintes qu’on peut rencontrer en contexte difficile, et les solutions qu’on peut trouver. Tout ce qui permettrait à ceux qui ne sont pas encore profs d’EPS de se projeter et de voir vraiment comment ça se passe, dans la réalité.
As-tu un souvenir qui t’a marqué dans le cadre de ton métier ?
Je n’ai pas un souvenir particulier, j’ai plein de petits souvenirs : des anecdotes avec des élèves, des moments où on a galéré, mais aussi des moments où on a énormément ri. C’est un métier dans lequel je m’amuse tous les jours, donc des anecdotes, il y en a tout le temps.
Quel est le sport que tu préfères enseigner, et pratiquer ?
Le sport que je préfère enseigner, c’est le badminton, pour toutes les raisons que j’ai évoquées. Et le sport que je préfère pratiquer personnellement, c’est le football, sans hésitation ! Et ce depuis 20 ans maintenant.
Et côté vie personnelle, quelles sont tes passions ?
En dehors du travail, mes passions, c’est le football, les échecs, les jeux vidéo, et profiter avec ma famille.
Où te vois-tu dans quelques années ?
Dans quelques années, je me vois toujours enseignant d’EPS. Dans quelle région, je ne sais pas encore : c’est l’avantage et l’inconvénient du TZR. Mais toujours enseignant d’EPS, pourquoi pas avec une section sportive ?




