Dimitri Cosme, professeur d’EPS en REP : « L’idée n’est pas de former des champions, mais de donner envie de pratiquer »

Dimitri Cosme - @dimcsm - Professeur d’EPS

Dimitri Cosme est professeur d’EPS en collège REP dans l’académie d’Orléans-Tours. Éternel passionné de sport, il est membre de la Commission Mixte Nationale UNSS Futsal. Il rejoint aujourd’hui la communauté Moov’EPS pour échanger des idées et des retours d’expérience avec d’autres enseignants. Pour lui, l’EPS est souvent en avance sur les autres disciplines en termes de démarches pédagogiques et d’innovations… Voilà qui promet de belles discussions !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Dimitri Cosme, j’ai 32 ans (plus pour très longtemps !) et je suis professeur d’EPS dans un collège REP de l’académie d’Orléans-Tours. Je vais entamer ma dixième année d’enseignement, dont la huitième au sein de mon établissement.

J’exerce dans un petit collège REP d’un peu plus de 200 élèves, situé dans une zone qui mêle ruralité et urbanisme. J’interviens auprès de toutes les classes, de la 6e à la 3e. Je suis également membre de la Commission Mixte Nationale UNSS (Union nationale du sport scolaire) pour l’activité futsal.

Pourquoi avoir choisi de devenir professeur d’EPS ?

J’ai toujours évolué dans le monde du sport, d’abord comme pratiquant, puis comme éducateur. J’ai toujours eu l’habitude d’encadrer des enfants et je souhaitais exercer un métier qui me permette de m’appuyer sur cette passion pour transmettre auprès des jeunes.

L’EPS ou le sport avaient-ils une place importante dans ton parcours personnel ?

Le sport a toujours occupé une place importante dans ma vie. J’ai commencé les arts martiaux à l’âge de 4 ans, puis je me suis tourné vers le football à partir de 8 ans. Plus récemment, j’ai découvert le futsal. J’ai également pratiqué la course d’orientation pendant plusieurs années.

À l’école, j’ai toujours été licencié à l’AS, au collège comme au lycée. J’ai naturellement choisi l’option EPS au lycée avant de poursuivre en STAPS, où j’ai également participé aux compétitions universitaires.

Quelle est ta vision du métier de professeur d’EPS aujourd’hui ?

Pour moi, le métier de professeur d’EPS consiste avant tout à développer des compétences et transmettre des valeurs à travers la pratique sportive. L’idée n’est pas de former des champions, mais que chacun puisse prendre du plaisir en EPS et développer une véritable appétence pour la pratique sportive, quelle qu’elle soit.

Dans un établissement REP avec un public souvent défavorisé, ma volonté est aussi que les élèves puissent passer une bonne journée au collège. C’est une idée qui guide largement mon approche de l’enseignement.

Selon toi, quelle est la place de l’EPS dans l’enseignement ?

Je pense que l’EPS est souvent une discipline en avance sur les autres en matière de démarches pédagogiques et d’innovations. Cela vient sans doute du fait qu’elle a toujours dû se battre pour prouver sa légitimité à l’école, même si j’ai le sentiment qu’elle est aujourd’hui de plus en plus reconnue.

Elle est aussi complémentaire des autres disciplines, car nos supports d’enseignement sont très différents.

Qu’apporte l’EPS aux élèves au-delà de la pratique sportive ?

La richesse des activités proposées permet de développer des valeurs d’entraide, d’empathie et de partage qui sont parfois moins présentes dans d’autres disciplines.

Au-delà de la pratique sportive, les élèves développent également des compétences méthodologiques et sociales, aussi bien en EPS qu’à l’Association Sportive, notamment grâce aux rôles de Jeunes Officiels de l’UNSS.

Quelles problématiques rencontres-tu le plus souvent sur le terrain ?

La principale difficulté concerne le goût de l’effort. L’effort est naturellement désagréable au départ et beaucoup d’élèves ont du mal à dépasser cette première sensation. J’essaie donc de rendre les apprentissages ludiques tout en adaptant les attendus aux capacités de chacun. L’objectif est que les élèves prennent plaisir à se dépasser et ressentent une véritable satisfaction en constatant leurs progrès.

Y a-t-il des approches ou des activités que tu apprécies particulièrement ?

J’aime beaucoup enseigner les activités de performance en m’appuyant sur un barème adapté aux ressources de chacun, avec l’objectif d’atteindre une performance optimale individuelle. J’ai la sensation que les élèves sont rassurés lorsqu’ils savent que l’évaluation prend en compte leurs capacités. Ils se sentent compris, ce qui facilite leur engagement pour dépasser leurs propres limites.

Parallèlement, j’apprécie d’enseigner les activités à projet comme la danse ou l’acrosport. Je les trouve particulièrement riches. Un groupe engagé dans un projet représente, selon moi, un véritable microcosme de la société. Les élèves s’organisent selon leurs ressources, leurs capacités, leurs envies, mais aussi celles des autres. Ils apprennent à échanger, trouver des compromis, répartir les rôles et construire ensemble pour mener leur projet à bien.

Et un sport que tu aimes beaucoup enseigner ?

J’aime beaucoup enseigner le volley, une activité dans laquelle j’ai la sensation de bien faire progresser mes élèves.

Et un sport que tu préfères pratiquer ?

Le football, le futsal, la course d’orientation et la plongée sous-marine.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre Moov’EPS ?

Je trouve très intéressante l’idée de pouvoir échanger avec d’autres collègues d’EPS. J’aimerais donc ici partager des idées, des retours d’expérience et des travaux que j’ai pu mener. Si une seule de mes idées peut être utile, ne serait-ce qu’à un seul collègue, ce sera déjà une réussite pour moi.

As-tu un souvenir marquant dans ta carrière ?

L’Association Sportive et les compétitions UNSS m’animent énormément au quotidien.

Le souvenir qui m’a le plus marqué reste la première qualification de nos élèves à un championnat de France de football. C’était l’aboutissement d’un projet construit sur plusieurs années avec des élèves qui n’étaient pas forcément spécialistes de l’activité. C’était aussi une première dans l’histoire de notre établissement.

Où te vois-tu dans quelques années ?

À terme, j’aimerais évoluer vers un lycée avec une section sportive ou me tourner vers un poste de cadre UNSS.

Quelle est ta plus grande passion ?

Le sport en général !

Une phrase qui résume ta vision de l’EPS ?

L’idée n’est pas de former des champions, mais de créer une appétence pour la pratique sportive chez la majorité de nos élèves, futurs citoyens de demain.

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