Tout le monde souligne l’importance de l’activité physique chez les enfants, alors prenons les choses en main dès septembre à l’école primaire !
Comment réussir les premières séances d’EPS de l’année et poser de bonnes bases pour les suivantes ? Comment choisir les bonnes activités, installer un cadre efficace et donner envie à tous les élèves de participer ? @EducSporty_Book, éducateur sportif, et Anaïs (@lamaitresseestbrune), professeure des écoles, partagent avec nous leurs méthodes et leurs astuces pour une rentrée réussie en EPS.
#1. Préparer sa programmation sans tout figer
Avant la première séance, mieux vaut avoir une idée claire de la direction à prendre. Pour @EducSporty_Book, éducateur sportif, cela passe par une programmation annuelle, qui tient compte des programmes, des activités déjà proposées les années précédentes, des installations disponibles et du matériel. « J’échange avec l’enseignant de chaque classe pour construire ensemble une programmation annuelle adaptée aux élèves, aux projets de l’école et aux contraintes de chacun », précise-t-il.
Pour garder une vision d’ensemble, il utilise un tableau avec « les périodes, les classes, les activités, les installations et les compétences travaillées ». Cela lui permet d’anticiper les contraintes tout en gardant de la souplesse : « En EPS, on peut préparer énormément de choses en amont, mais il faut toujours garder une marge de souplesse. »
Même démarche pour Anaïs : professeure des écoles, elle dit préparer « les grandes lignes » de ses séances afin de construire une progression cohérente. Elle garde elle aussi « une certaine souplesse » pour s’adapter au niveau des élèves, à leur progression… mais aussi à la météo ou aux contraintes matérielles imprévues !
#2. Faire de la première séance un temps d’observation
La première séance ne sert pas uniquement à « faire du sport » : elle permet aussi de découvrir le groupe en situation et d’ajuster ce qu’on avait initialement prévu.
@EducSporty_Book explique que le premier cours « permet d’observer et d’évaluer le niveau de départ du groupe : une fois qu’on est face aux élèves, on se rend compte que la réalité est parfois différente de ce qu’on avait imaginé. On peut avoir un groupe qu’on a un peu surestimé, ou au contraire sous-estimé. » Ces observations lui permettent ensuite d’adapter la suite de la séquence.
Anaïs observe, elle aussi, les élèves en situation. Elle s’intéresse notamment aux « relations au sein du groupe, la capacité de chacun à coopérer, à respecter les règles et à trouver sa place dans l’équipe ». Elle peut ainsi repérer « les élèves qui ont un tempérament de “leader” et les autres ». Elle observe également « l’aisance, la compréhension des consignes, la motricité, la coopération… ». Pour le moment, « je fonctionne beaucoup par observation lors des premières séances », explique-t-elle. Elle envisage toutefois de mettre en place « un petit outil d’observation, sous forme de grille ou de tableau très simple », pour « garder une trace des différents niveaux sans rendre l’évaluation trop formelle ».
#3. Commencer par des jeux simples et coopératifs
Pour les premières séances, les deux enseignants privilégient les jeux collectifs et coopératifs. Une manière de construire la cohésion du groupe tout en donnant à chacun une place.
Pour @EducSporty_Book, les jeux sportifs coopératifs permettent aux enfants de « communiquer, à s’entraider, à jouer ensemble » et d’entrer dans l’EPS « de manière ludique, avec une notion de plaisir qui est importante en début d’année ». Son conseil est clair : « Faites de l’EPS une matière ludique, une matière dans laquelle les enfants prennent du plaisir et ont envie de pratiquer. »
Dans la classe d’Anaïs, « les petits jeux collectifs et les défis en équipe, surtout lorsqu’ils sont courts et accessibles à tous », fonctionnent particulièrement bien. Elle privilégie les activités « où la performance individuelle n’est pas au centre et où chacun peut apporter quelque chose à son équipe ». Relais, défis coopératifs ou objectifs communs permettent notamment aux élèves les moins à l’aise de participer « sans se sentir comparés aux autres ».
Pour Damien, mieux vaut aussi ne pas installer trop rapidement une logique de compétition : « On peut apprendre à jouer ensemble, à s’entraider, à réussir ensemble… avant de chercher forcément à être le meilleur », dit-il.
#4. Installer dès le début les règles et les rituels
Les premières séances sont aussi le moment de poser les habitudes qui rendront les suivantes plus fluides.
Anaïs commence par poser « un cadre clair et rassurant » : règles de sécurité, respect des autres et du matériel, écoute des consignes et fonctionnement en équipe. Elle prévoit également « un temps de regroupement au début pour présenter l’objectif de la séance et un retour au calme à la fin pour échanger rapidement sur ce qui a été réussi ou plus difficile ». Ce ‘‘débriefing’’ permet notamment de vérifier « si les élèves ont compris les attentes de la séance ».
De son côté, @EducSporty_Book utilise « un rituel de rassemblement en musique » : « quand une musique choisie démarre, les élèves savent qu’ils doivent se regrouper pour écouter les consignes », explique-t-il. Il ritualise également le rangement : rapidement, « les élèves savent où ranger les éléments, comment le faire et surtout qu’ils doivent tous participer. »
Des habitudes simples qui, répétées tout au long de l’année, permettent de gagner du temps.
#5. Ne pas chercher à faire trop compliqué
Pour les premières séances, mieux vaut privilégier la simplicité plutôt que multiplier les exercices et les consignes.
Anaïs conseille de « ne pas chercher à faire trop compliqué » et, pour les premières séances, de privilégier « des jeux simples, avec peu de matériel et des règles faciles à comprendre. Je préfère prévoir peu d’activités mais prendre le temps de bien les installer, plutôt que d’enchaîner les exercices et perdre du temps dans les transitions ». Pour fluidifier la séance, elle anticipe « au maximum l’organisation de la séance et le matériel nécessaire » et privilégie « des explications assez courtes pour que les élèves soient rapidement en mouvement ».
Lorsque c’est possible, elle garde aussi « les mêmes groupes ou équipes tout au long de la séance », ce qui évite de perdre du temps à chaque changement d’activité.
#6. Faire bouger chaque élève, quel que soit son niveau
Une des difficultés des premières séances consiste à faire participer tous les élèves, y compris ceux qui sont moins à l’aise physiquement.
Pour y parvenir, Anaïs cherche à s’adapter au fur et à mesure, selon ce qu’elle observe. On peut alors « simplifier une consigne, ajuster une distance, jouer sur le temps ou constituer des groupes de manière à équilibrer les niveaux », explique-t-elle.
De son côté, @EducSporty_Book conseille de ne pas hésiter à utiliser l’imaginaire pour engager les élèves : « Avec les enfants, ça fonctionne vraiment très bien pour les embarquer dans une activité et leur donner envie de participer », précise-t-il.
Pour conclure
Finalement, réussir ses premières séances d’EPS, c’est peut-être surtout poser un cadre suffisamment clair et souple pour que chaque élève puisse bouger, essayer, coopérer et progresser… et avoir envie d’être déjà à la séance suivante !




