En primaire, des activités qui mêlent sport et révisions !

Dans sa classe multiniveau de CE2-CM1, Anaïs a trouvé une façon simple de proposer davantage d’activités physiques aux élèves sans ajouter de créneaux ni sacrifier le programme. Dictées en relais, calcul mental en mouvement : elle nous explique tout sur ces exercices que les enfants adorent !

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Faire davantage bouger les élèves sans ajouter de créneaux

À l’école élémentaire, les enseignants sont souvent confrontés au manque de temps pour boucler des programmes bien chargés. L’EPS elle-même peut d’ailleurs en faire les frais : les deux heures trente de sport hebdomadaires cèdent parfois leur place à des leçons et exercices de français, de maths ou d’histoire géographie. Quant aux APQ… « Il peut être vraiment compliqué d’ajouter des créneaux spécifiques pour les 30 minutes d’activité physique quotidienne », explique Anaïs, enseignante dans une classe multiniveau CE2-CM1. Pour faire bouger les enfants sans empiéter sur les autres matières ni sacrifier le programme, elle a trouvé une solution inspirée de collègues à l’étranger, notamment au Canada, qui partagent leurs astuces sur les réseaux sociaux : mettre en place des jeux sportifs permettant aussi de réviser les apprentissages vus en classe en orthographe et en mathématiques.

Des maths et de l’orthographe pour courir et sauter

Les règles sont assez simples.

Pour les révisions d’orthographe, Anaïs place de petites boîtes à un bout de la cour. Chacune contient des mots à mémoriser. Les élèves sont réunis en binôme. Un élève court vers une boîte, pioche un mot, le mémorise, et revient pour l’épeler à son camarade qui l’écrit sur un tableau blanc ou une feuille de papier. Puis les rôles s’inversent.

Pour le calcul mental, même logique mais cette fois en équipes de six : les joueurs traversent la cour pour découvrir une multiplication (par exemple 9×3). Ils la mémorisent puis retraversent la cour en sens inverse pour inscrire le produit sur une grille, dans la case correspondante.

A chaque fois, il faut aller vite pour terminer le plus rapidement possible. Les enfants se concentrent sur l’effort physique à fournir et sur les éléments à mémoriser.

La course peut être augmentée d’un slalom ou d’obstacles. Le matériel sportif en tant que tel se limite donc à quelques plots pour le slalom, ou à de petites haies faciles à franchir pendant la course, comme celles fournies dans les kits distribués aux écoles à l’occasion des JO de Paris 2024.

Les enfants bougent, le programme avance

Une séance de ce type dure rarement plus de quinze à vingt minutes. Et surtout, pendant ce temps, le programme continue d’avancer. Ces mots de dictée ou ces tables de multiplication auraient été révisés en classe de toute façon, ardoise à la main. « Mais la perspective de sortir réviser en jouant de cette manière suscite beaucoup plus d’enthousiasme chez les enfants ! Ils ne voient pas ça comme un travail. Ils attendent vraiment ces exercices », explique Anaïs. 

Cet enthousiasme fait partie des bénéfices de ces séances, en plus de l’activité physique réalisée au cours de la journée. Autre point positif : certains élèves dits « d’un niveau moyen » progressent davantage. « J’ai plus d’élèves dans le groupe de tête », dit l’enseignante, tout en nuançant : « Les très bons restent très bons, et ce n’est pas une solution miracle pour les élèves en très grande difficulté. Mais pour ces derniers, c’est l’occasion d’aborder les apprentissages différemment, ce qui ne peut être que bénéfique. »

Dans sa classe multiniveau, Anaïs adapte les difficultés aux différents élèves. « Les tables de multiplication doivent être assimilées en CE2 comme en CM1, donc pour cet exercice, il n’y a pas de problème de niveau à proprement parler. Pour l’orthographe, c’est différent, certains mots sont un peu plus compliqués en CM1 qu’en CE2. Mais il suffit de choisir des boîtes de mots spécifiques à chacun des deux niveaux. »

Une occasion supplémentaire d’acquérir les valeurs du sport

La principale difficulté posée par ces séances, c’est finalement d’obtenir rapidement le retour au calme après les exercices, pour reprendre le fil de la journée. Il y a aussi la gestion de l’esprit de compétition : ne pas narguer les perdants sous prétexte qu’on a fini en premier et qu’on est « les plus forts », par exemple. « C’est l’occasion d’inciter les enfants à la bienveillance », insiste Anaïs.

En plus de montrer que l’activité physique est compatible avec le respect du programme, ces séances confirment aussi que les enfants sont en demande de mouvement. Tout le monde s’inquiète aujourd’hui de leur sédentarité face aux écrans, mais « en réalité, les enfants ont du mal à rester assis toute la journée », souligne Anaïs. « Avec ces jeux sportifs, on leur offre une occasion de bouger… et on les voit heureux de réviser des mots de dictée et des tables de multiplication. Et ça, pour un enseignant, c’est quand même formidable ! »

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